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albères

  • divergeance

    Chemin de Sargé, chemin des Fontenelles, chemins creux communs des pays de bocage. Ils courent entre les champs, ils sont sa couture. Entre deux talus, bordés de haies et de trognes dans un couvert permanent, parfois comme un tunnel.
    Ils sont certainement aussi vieux que le pays.
    C’est aussi un merveilleux biotope, une frontière naturelle, un refuge pour les bêtes, pour les hommes aussi
    Chouannerie, guerres de Vendée, abris contre les bombes, raccourcis.
    Quand je les ai découverts à mon tour vers le milieu des années 70, ils n’étaient plus utilisés
    mais façonnés par les hommes qui les avaient oubliés, il en émanait une impression d’abandon comme une maison fracassée ouverte aux quatre vents. La ronce y courait,
    des ferrailles rouillées des carcasses,
    je les ai trouvés merveilleux.
    L’étalement de la ville et de ses quartiers les avaient meurtris et tronqués mais ils continuaient d’exister, comme un pied de nez, un échappatoire. Qu’en reste-t-il aujourd’hui ?
    Il me semble que c’est à ce moment que nous avons bifurqué,
    lorsque nous avons abandonné les chemins.







    © Photo Blue Rabbit "Un chemin dans le chemin" . 2017

  • l'aromathérapeute

    c'est si simple qu'on se dit ce n'est pas possible, marcher dans la garrigue par une belle journée de Février. On ne s'en lasse jamais. C'est un rêve d'aromathérapeute. Il y a tout ici, on est immergé jusqu'à la taille d'effluves essentielles. Des mimosas des thyms, des lavandes, des genets à la noix de coco et partout de ces géraniums rustiques dont on froisse les feuilles pour sentir la citronnelle, ils se couvriront le jour venu de petites fleurs roses guère plus grosses qu'un bouton de chemise et puis les menthes si vertes et duveteuses comme un tapis sous les pieds, l'odeur forte de l'asperge libérée lorsqu'on pince la tige. C'est si simple, on en a presque honte. Nous sommes au pays des injonctions contraires. Le bio est partout, on exalte la vie naturelle et pourtant ces montagnes sont quasi désertes. Que font les hommes ? Où vont-ils ?
    - l'asperge libérée c'est quoi cette histoire ?, dit le chien
    - oh, hé, hein, bon