Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

poesie

  • au mas del ca

    C’est un village de toile dans un recoin paisible des Albères,
    vu de loin on dirait un camp dressé à l’orée d’un champ de bataille
    mais vu de près c’est tout le contraire,
    chaque tente chaque stand dont les tissus volent au vent,
    propose une piste, une voie, un chemin
    pour le corps pour l’esprit pour l’âme
    pour repousser le mal
    la magie noire n’a pas disparue
    elle a simplement changé de nom
    elle s’appelle maintenant marchandisation
    elle détruit elle pille elle pirate
    C’est un ogre, un moloch
    il a toujours faim
    il appelle à la violence à la lutte de tous contre tous
    mais que peut-il contre la joie et la détermination de ceux qui veulent vivre autrement
    Le champ de bataille c’est la planète
    Et nous ne sommes plus seuls

  • des forêts

    monter jusqu'aux hêtres, allez !
    pousser le cœur et le souffle
    et puis leur prendre un peu de cette force qu'ils ont
    leurs troncs déliés presque blancs
    sont une offense
    et cette toison rousse
    ardente comme une armée irlandaise

  • sale anniversaire

    IMG_2429.JPG


    ma douleur est assourdissante

    nul oiseau jamais ne chante

    sur cette branche noire et nue

    les oiseaux ne courent pas les rues

    où est-elle la main innocente

    qui a tordu le cou

    à l’amour fou

    où est-elle l’absente

    dont le silence est un trou

    qui fait ma douleur si violente

    © Hervé Prudon

    Lire la suite

  • divergeance

    Chemin de Sargé, chemin des Fontenelles, chemins creux communs des pays de bocage. Ils courent entre les champs, ils sont sa couture. Entre deux talus, bordés de haies et de trognes dans un couvert permanent, parfois comme un tunnel.
    Ils sont certainement aussi vieux que le pays.
    C’est aussi un merveilleux biotope, une frontière naturelle, un refuge pour les bêtes, pour les hommes aussi
    Chouannerie, guerres de Vendée, abris contre les bombes, raccourcis.
    Quand je les ai découverts à mon tour vers le milieu des années 70, ils n’étaient plus utilisés
    mais façonnés par les hommes qui les avaient oubliés, il en émanait une impression d’abandon comme une maison fracassée ouverte aux quatre vents. La ronce y courait,
    des ferrailles rouillées des carcasses,
    je les ai trouvés merveilleux.
    L’étalement de la ville et de ses quartiers les avaient meurtris et tronqués mais ils continuaient d’exister, comme un pied de nez, un échappatoire. Qu’en reste-t-il aujourd’hui ?
    Il me semble que c’est à ce moment que nous avons bifurqué,
    lorsque nous avons abandonné les chemins.







    © Photo Blue Rabbit "Un chemin dans le chemin" . 2017