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poesie

  • l'estiu

    l'été c'est comme une vague
    vive humide et chaude
    qui n'en finit pas de déferler
    mais on sait, d'un savoir absolu
    qu'un jour elle finira
    pour devenir molle élastique
    et calme sans attrait
    et qu'alors reviendra la pluie
    les ciels chargés les ennuis
    et la vie qui va
    une parenthèse

  • au mas del ca

    C’est un village de toile dans un recoin paisible des Albères,
    vu de loin on dirait un camp dressé à l’orée d’un champ de bataille
    mais vu de près c’est tout le contraire,
    chaque tente chaque stand dont les tissus volent au vent,
    propose une piste, une voie, un chemin
    pour le corps pour l’esprit pour l’âme
    pour repousser le mal
    la magie noire n’a pas disparue
    elle a simplement changé de nom
    elle s’appelle maintenant marchandisation
    elle détruit elle pille elle pirate
    C’est un ogre, un moloch
    il a toujours faim
    il appelle à la violence à la lutte de tous contre tous
    mais que peut-il contre la joie et la détermination de ceux qui veulent vivre autrement
    Le champ de bataille c’est la planète
    Et nous ne sommes plus seuls

  • des forêts

    monter jusqu'aux hêtres, allez !
    pousser le cœur et le souffle
    et puis leur prendre un peu de cette force qu'ils ont
    leurs troncs déliés presque blancs
    sont une offense
    et cette toison rousse
    ardente comme une armée irlandaise

  • sale anniversaire

    IMG_2429.JPG


    ma douleur est assourdissante

    nul oiseau jamais ne chante

    sur cette branche noire et nue

    les oiseaux ne courent pas les rues

    où est-elle la main innocente

    qui a tordu le cou

    à l’amour fou

    où est-elle l’absente

    dont le silence est un trou

    qui fait ma douleur si violente

    © Hervé Prudon

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